BILAN : LE GRAND VOYAGE

Du Pérou au Cambodge, il s’en est passé des choses…
Cela ferra deux ans à la fin du mois d’avril… cela ferra deux ans que Sème un rêve a vu le jour… notre petit projet qui a pris une place immense dans nos vies.. deux ans que nous y rêvions. Deux ans de doute, de peur, de crainte, de travail, de joie et d’obstacles vaincus. Il y a deux ans, nous prenions la décision de réaliser notre rêve éminemment sous peu. Pourquoi attendre ? Nous avons la jeunesse, l’énergie, l’obstination, la fougue et l’envie. Il a fallu s’organiser, planifier, tracer un itinéraire, faire des choix, renoncer, s’écouter, s’apprivoiser, se laisser guider, se démener et surtout ne jamais renoncer.

Nous nous souvenons encore de nos doutes à la veille du grand départ, le 26 septembre. Nous avions peur des risques, ceux qui pouvaient nous arriver comme ceux qui pouvaient se passer durant notre absence. Nous nous sommes lancées, décidées, conscientes que désormais nous serions liées à jamais. Imaginez… deux cévenoles… amoureuses de leurs racines et de leurs vies… faire le grand saut, avec sur leurs dos 10 kilos… un sac qui est devenu notre tout… notre maison, notre repère, notre sécurité… il ne nous a jamais quitté…
Quelques vêtements, quelques objets rassurants mais inutiles, des caméras et appareils photos pour saisir les instants et figer des moments, des petits mots d’amours de nos proches, des carnets pour noter et retranscrire notre nouvelle vie d’aventure et de liberté…
Le saut dans l’inconnu ne fut pas sans difficulté, nos doutes firent une apparition fracassante dès les premiers jours.  »Nous deux ? Si loin ? Aussi longtemps sans ceux que nous aimons ? Comment allons nous vivre les moments de stress et de peur ? Comment vivre sans stabilité ? Sans avoir de logement à nous ? Loin de notre confort ? Dans une langue que nous ne maîtrisions pas ? (Avec seulement les paroles de la Macarena en tête).

Mais nous avons eu notre premier déclic, notre premier moment inoubliable, dans le village de Quinua, quand nous dansions autour du feu sous les étoiles, quand l’ombre de notre farandole était rythmée par nos éclats de rire… et c’est là que le voyage a débuté, se remplissant d’instant plus riche les uns que les autres. Ils sont innombrable ces souvenirs, ils sont d’une force incroyable.
Ils ne pourront pas être tari par le temps, ou faner avec l’âge, ils font parti de nous à présent.
Nous ne pourrons jamais oublier les rencontres que nous avons faite au Pérou, les sourires des enfants de Quinua et d’Andahuaylas, notre impuissance face aux conditions de vie inhumaines des personnes âgées à l’asile de San Jeronimo, les paysages surréalistes de Pampachiri, le retour agité en camion benne, le chemin menant au Macchu Pichu sous la pluie, les bruits et la biodiversité de l’Amazonie, les couleurs de la montagne arc-en-ciel…
Nous ne pourrons jamais oublier la traversée de la moitié du Chili en bus, la rencontre avec les enfants d’une école de Santiago, la vue sur le toit d’un immeuble dans la capitale, les paysages lunaires de San Pedro d’Atacama, les lagunes cachées de l’altiplanos…
Nous ne pourrons jamais oublier l’odeur des barbecues de Salta en Argentine, la visite des vignes et la douceur de vivre, le goût des empanadas, les chutes d’Iguazu immenses cascades dans la jungle remplies d’une force et d’une beauté irréelle.
Nous ne pourrons jamais oublier le sud du Lipez en Bolivie, les lagunes colorées sorties tout droit d’un autre monde, l’immensité du Salar d’Uyuni désert blanc infini, la ville de Sucre où il fait bon flâner dans les rues, la gentillesse de ses habitants, le lac Titicaca et l’Isla del Sol où nous avons randonné.
Nous ne pourrons jamais oublier la traversée du désert de Chaco au Paraguay, la danse des lucioles dans la nuit, la galère du pneu crevé de notre bus sous le soleil ardent, la spontanéité des habitants de la capitale…
L’Asie…
Nous ne pourrons jamais oublier l’Inde, les couleurs qui l’innonde, les palais et les forts paraissant appartenir à des contes, les plats épicés délicieux, la gentillesse de notre chauffeur, la curiosité des indiens, la pauvreté du pays, la richesse des religions et des croyances, l’envie que nous avions de rester encore…
Nous ne pourrons jamais oublier la beauté de l’île de Koh Lanta en Thaïlande, la découverte de ces paysages en scooter avec cette sensation de liberté, la biodiversité marine de Koh Tao, la soirée les pieds dans le sable dansant avec des personnes du monde entier, la diversité des temples et de leur architecture, le sourire des thaïlandais, le trek dans la province de Chiang Raï, les chansons autour de notre guide et de sa guitare.
Nous ne pourrons jamais oublier la descente de 2 jours sur le Mékong au Laos, le nuage de papillons blanc le long du fleuve de la Nam ou, la splendeur étonnante des cascades de Kouang Si à l’eau turquoise, l’aumône des moines au levé du jour dans la ville de Luang Prabang, les rizières vertes défilant lors de nos trajets de bus…
Nous ne pourrons jamais oublier l’animation dans la veille ville de Hanoi au Vietnam, les mystérieuses montagnes surgissant des eaux dans la baie d’Halong, la sensation de mystère entourant ce lieu, le festival des lanternes de Hoi An où les rues étaient éclatantes de couleurs, le marché flottant de Can Tho, le petit déjeuner pris sur la barque au milieu des marchands et marchandes, notre marche le long de l’eau dans un petit village à écouter les traditions de ce pays…
Nous ne pourrons jamais oublier la visite des temples d’Angkor emblème du Cambodge, des arbres insinuant leur racine dans ces temples chargés d’histoire ou des visages gravés dans la pierre, de la clarté de l’eau de l’île de Koh Rong Samloem, de notre bain au milieu de la mer en pleine nuit auréolé de phytoplancton bioluminescent, du repas partagé avec les habitants de Keo Phos petit village de pêcheur, de la visite des lieux terribles ayant marqués l’histoire du pays, des marchés conviviaux de la capitale…

Nous ne pouvons pas citer toutes les personnes formidables que nous avons rencontré, que ce soit autour d’un simple verre pris ensemble ou de plusieurs jours à marcher et découvrir cote à cote les paysages. Nous nous sommes enrichies grâce à eux, à nos discussions, nos débats, nos rires, nos blagues, notre façon de refaire le monde, nos parties de carte, nos repas pris ensemble… Ce sont nos rencontres qui ont fait de ce voyage une aventure qui n’a pas de prix, un cadeau inestimable qui est la plus belle des richesses.
Ce voyage était notre rêve, nous revenons avec la sensation de recommencer une nouvelle vie, une nouvelle aventure.. ce voyage nous a offert la beauté de notre planète, nos yeux et notre esprit ne s’en remettent toujours pas. Il nous a aussi convaincu avec l’idée que l’amour, le rêve et la paix devaient être au coeur de nos vies à tous. La vie est atrocement dure mais profondément belle. Vivons chaques instants avec passion, ouvrons notre coeur et notre esprit à tous. Allons vers l’inconnu, à sa rencontre, à la découverte de son histoire et de son passé…

Nous avons rit, pleuré, aimé, savouré, croqué, découvert, dévoré, admiré, profité, dégusté, apprécié, dansé, célébré, imaginé, rêvé…la vie

Un immense merci à tous, vous faites partie du voyage et vous nous avez soutenu tout au long de nos aventures. Nous sommes heureuses d’avoir pu partager tout cela avec vous, merci pour votre soutien, vos messages, vos commentaires, vos partages…

Mais l’aventure Sème un rêve n’est pas finie, elle mènera à un livre et à un film afin de vous faire découvrir les rêves que nous avons récolté ! De plus nous commençons le tour de France dimanche 😀

Un grand merci encore,

Coline et Flore